Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand : résumé acte par acte, personnages et analyse
Un bretteur au nez immense, une femme aimée en secret, un beau garçon sans esprit et quinze années de silence : créée en décembre 1897, la comédie héroïque d'Edmond Rostand est le plus grand triomphe de l'histoire du théâtre français. Résumé court puis détaillé acte par acte, personnages, thèmes, citations, part de vérité historique et vie scénique : la fiche de référence pour étudier la pièce ou la relire avant d'aller la voir.
Cyrano de Bergerac en bref : le résumé court
Cyrano de Bergerac, cadet de Gascogne, est le plus brillant escrimeur et le plus brillant poète de Paris, mais il porte au milieu du visage un nez si démesuré qu'il s'interdit de croire à l'amour. Il aime pourtant sa cousine Roxane, en silence. Quand elle lui donne enfin un rendez-vous, c'est pour lui confier qu'elle aime Christian de Neuvillette, jeune cadet magnifique et sans un mot d'esprit, et pour lui demander de le protéger. Cyrano accepte, et va plus loin : il prête à Christian sa plume et sa voix. Les lettres, les déclarations, la scène du balcon dans la nuit, tout vient de lui ; le visage, les baisers et le mariage reviennent à l'autre. Envoyés au siège d'Arras par un rival humilié, les deux hommes voient Roxane les rejoindre au camp : elle avoue qu'elle aimerait désormais Christian même laid, car elle aime son âme. Christian comprend qu'elle en aime un autre sans le savoir et meurt au combat avant que la vérité ait pu être dite. Cyrano gardera le secret quinze ans. Blessé à mort par une embuscade, il ne se trahira qu'au dernier soir, en lisant à voix haute, dans le noir, une lettre qu'il connaît par cœur.
Résumé détaillé acte par acte
Acte I : Une représentation à l'hôtel de Bourgogne
Paris, 1640. La salle de l'hôtel de Bourgogne se remplit pour La Clorise ; on y croise des bourgeois, des marquis, des poètes, le comte de Guiche, la belle Roxane dans sa loge, et Christian de Neuvillette, tout juste arrivé de Touraine et déjà amoureux d'une inconnue. Cyrano, absent au lever de rideau, avait interdit à l'acteur Montfleury de paraître en scène pendant un mois : il surgit du parterre et chasse le comédien devant le public médusé, puis rembourse de sa bourse la recette de la soirée. Un fâcheux, le vicomte de Valvert, croit l'humilier en lui trouvant un nez « très grand » : Cyrano lui répond par la tirade du nez, énumérant les vingt façons plus spirituelles de le dire, puis le provoque en duel et compose une ballade tout en se battant, en promettant de toucher au dernier vers, ce qu'il fait. Resté seul avec son ami Le Bret, il avoue la cause de sa mélancolie : il aime Roxane et sa laideur lui interdit d'espérer. Coup de théâtre, la duègne de Roxane vient lui demander un rendez-vous pour le lendemain. Fou d'espoir, Cyrano part affronter seul cent spadassins embusqués à la porte de Nesle.
Acte II : La rôtisserie des poètes
Chez Ragueneau, pâtissier qui paie ses fournisseurs en vers et ses poètes en gâteaux, Cyrano attend le rendez-vous en écrivant une lettre d'amour qu'il n'ose signer. Roxane arrive, évoque un souvenir d'enfance, laisse croire un instant qu'elle va se déclarer, puis nomme celui qu'elle aime : Christian, entré chez les cadets de Gascogne. Elle demande à son cousin de l'aider et de le protéger. Cyrano promet, alors même qu'il vient de perdre son dernier espoir. Les cadets font ensuite fête au vainqueur de la porte de Nesle, et De Guiche, qui convoite Roxane, propose à Cyrano la protection de Richelieu à condition de laisser corriger ses vers ; refus catégorique, qui ouvre sur la tirade des « non, merci », profession de foi d'un homme qui préfère la liberté à la carrière. Resté seul avec Christian, prévenu qu'il ne faut jamais parler du nez de Cyrano, le nouveau venu multiplie exprès les allusions pour montrer son courage. Cyrano, qui a promis, ne le tue pas : il apprend que ce garçon superbe est incapable d'écrire à celle qu'il aime, et lui propose leur pacte, un homme sera l'esprit et l'autre la beauté.
Acte III : Le baiser de Roxane
Les lettres se succèdent, Roxane s'enflamme. Devant sa maison, elle raconte à Cyrano son éblouissement pour un esprit dont il est l'auteur, sans se douter de rien. Christian, jaloux de sa propre doublure, décide de parler seul : il ne trouve que des « je vous aime » répétés et essuie un échec humiliant. Roxane le renvoie. La nuit tombe, et Cyrano souffle depuis l'ombre sous le balcon, puis, impatienté, prend la parole à sa place, protégé par l'obscurité : c'est la scène la plus célèbre de la pièce, la seule où il s'adresse vraiment à elle. Roxane, bouleversée, accorde un baiser que Christian monte cueillir. Arrive un capucin porteur d'une lettre de De Guiche annonçant sa visite ; Roxane la lit à l'envers et le fait marier sur-le-champ avec Christian, pendant que Cyrano retient le comte en tombant de la lune devant lui dans une improvisation délirante. De Guiche, découvrant le mariage, se venge aussitôt : les cadets partent le soir même pour le siège d'Arras.
Acte IV : Les cadets de Gascogne
Devant Arras, les assiégeants sont eux-mêmes affamés et encerclés. Chaque matin, Cyrano franchit les lignes espagnoles au péril de sa vie pour poster les lettres qu'il écrit à Roxane au nom de Christian, parfois deux par jour. Un carrosse traverse le camp : c'est Roxane, venue rejoindre son mari avec Ragueneau et un chargement de vivres caché sous le siège. Elle avoue à Christian que ses lettres l'ont transformée, qu'elle ne l'aime plus pour sa beauté mais pour son âme, et qu'elle l'aimerait même laid. Christian comprend qu'elle aime un autre homme et exige de Cyrano qu'il dise la vérité et laisse Roxane choisir. L'attaque commence avant que Cyrano ait pu parler : Christian tombe, frappé d'une balle, et Cyrano lui souffle à l'oreille le mensonge qui le sauve, il lui dit qu'il a tout révélé et qu'elle l'a choisi lui. Sur le corps de Christian, Roxane trouve la dernière lettre, tachée de sang et de larmes. Cyrano jure de ne jamais parler, et se jette dans la bataille.
Acte V : La gazette de Cyrano
Quinze ans plus tard, au parc du couvent des Dames de la Croix, Roxane vit en deuil, la lettre de Christian contre son cœur. Chaque samedi depuis quatorze ans, Cyrano vient lui faire la gazette de Paris, drôle et exacte. Ce samedi-là il est en retard : sur son chemin, un laquais a lâché une lourde bûche depuis une fenêtre, embuscade misérable pour un homme que personne n'osait affronter en duel. Il arrive pâle, le chapeau enfoncé, tient sa chronique jusqu'au bout, puis demande à lire la dernière lettre de Christian. La nuit tombe pendant qu'il lit, il continue sans plus rien voir : Roxane comprend enfin que la voix du balcon, les lettres, l'âme aimée, c'était lui depuis toujours. Elle lui crie qu'elle l'aime ; il refuse de laisser mourir deux fois le mort. Le Bret et Ragueneau accourent, Cyrano se relève et tire l'épée contre ses ennemis invisibles, le Mensonge, les Compromis, les Préjugés, les Lâchetés. Puis l'épée lui échappe des mains, il chancelle et tombe dans les bras de ses deux amis ; Roxane se penche et l'embrasse au front. Il rouvre les yeux, la reconnaît, et emporte pour dernier mot la seule chose qu'on ne lui ait jamais prise.
Les personnages de Cyrano de Bergerac
- Cyrano de Bergerac
- Cadet de Gascogne, poète, bretteur, musicien, savant, redouté pour son épée autant que pour sa langue. Sa laideur, concentrée dans un nez énorme, lui sert d'armure et de prison : il attaque le premier pour n'avoir jamais à être plaint. Rôle-titre écrit sur mesure pour le comédien Coquelin aîné.
- Roxane
- Madeleine Robin, cousine de Cyrano, précieuse d'esprit et amoureuse des mots. Longtemps réduite à un rôle décoratif dans les lectures scolaires, elle est en réalité celle qui pose la condition décisive : elle finit par aimer une âme, sans savoir de qui elle est.
- Christian de Neuvillette
- Beau, courageux et lucide sur son incapacité à parler d'amour. Il n'est pas un imbécile : c'est lui qui exige la vérité à l'acte IV, et qui meurt d'avoir compris.
- Le comte de Guiche
- Neveu par alliance de Richelieu, puissant et amoureux éconduit, il envoie les cadets à la mort par jalousie. Au dernier acte, vieilli et devenu maréchal, il est le seul à mesurer ce que Cyrano a gagné en refusant tout ce que lui-même a obtenu.
- Le Bret
- L'ami fidèle, unique confident de Cyrano, qui passe la pièce à lui reprocher de se faire des ennemis et de se sacrifier.
- Ragueneau
- Pâtissier-poète, comique et touchant, ruiné par sa passion des vers ; on le retrouve au dernier acte moucheur de chandelles chez Molière. Il incarne l'amour désintéressé de la poésie que la pièce célèbre.
- Carbon de Castel-Jaloux et les cadets
- La compagnie gasconne de Cyrano : bravaches, affamés, magnifiques, ils donnent à la pièce son souffle épique et sa couleur de fresque.
- Montfleury, Valvert, Lignière
- Les figures de l'acte I : le comédien chassé, le fâcheux ridiculisé et provoqué en duel, le poète ivrogne dont Cyrano sauve la vie à la porte de Nesle.
Les thèmes pour l'analyse
Le panache, dernier mot de la pièce
Le mot qui clôt Cyrano n'est pas un mot d'amour, c'est « mon panache ». Rostand définira lui-même le panache comme l'esprit de bravoure, une grâce dans l'héroïsme, quelque chose de léger qu'on ajoute au courage et qui ne sert à rien sinon à la beauté du geste. C'est la morale de la pièce : ce qui n'a aucune utilité est précisément ce qui ne peut pas être volé.
L'éloquence comme véritable héroïne
Tirade du nez, ballade du duel, tirade des « non, merci », scène du balcon, lettres, gazette du dernier acte : la pièce est une célébration de la parole, au point que le langage y remplace le corps. Cyrano séduit sans être vu, aime par procuration et meurt en parlant. C'est le vers de Rostand, souple, drôle, virtuose, qui tient le rôle principal.
L'amour et le sacrifice
Le pacte avec Christian est un renoncement volontaire : Cyrano choisit de rendre heureuse la femme qu'il aime plutôt que d'être aimé. Ce sacrifice se prolonge en mensonge pieux à Arras, puis en quinze ans de silence, jusqu'à devenir une seconde nature. La pièce laisse ouverte la question de savoir si c'est de la grandeur ou de la peur.
L'apparence contre l'être
Le nez de Cyrano fonctionne comme un masque social : il décide de tout, avant même qu'il ait ouvert la bouche. Le trio de la pièce sépare artificiellement ce que l'amour suppose réuni, le visage et l'âme, et l'obscurité de l'acte III, comme la nuit du dernier acte, sont les seuls moments où l'être peut se montrer sans son apparence.
Une comédie héroïque à contretemps
En 1897, le théâtre français est au naturalisme et au symbolisme : Rostand écrit une pièce en vers, en cinq actes, avec cape, épée et Gascons, qui ressuscite le drame romantique près de soixante-dix ans après Hernani. Ce décalage assumé fait partie du triomphe, la pièce offrait à la Belle Époque un panache dont elle avait la nostalgie.
Les citations clés à retenir
- « Ah ! non ! c'est un peu court, jeune homme ! »
- Acte I, scène 4 : l'ouverture de la tirade du nez, où Cyrano reproche à son insulteur son manque d'imagination avant de faire le travail à sa place.
- « C'est un roc !... c'est un pic !... c'est un cap ! Que dis-je, c'est un cap ?... C'est une péninsule ! »
- Le sommet de la même tirade, passage le plus récité du théâtre français.
- « À la fin de l'envoi, je touche. »
- Refrain de la ballade du duel : Cyrano annonce le moment exact où il blessera Valvert, et tient parole.
- « Non, merci ! Non, merci ! Non, merci ! »
- Acte II : le refus de tout protecteur, de toute concession, de toute carrière achetée.
- « Un baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ? Un serment fait d'un peu plus près. »
- Acte III, sous le balcon : la définition qui décide Roxane, soufflée par celui qui ne le recevra pas.
- « On ne se bat pas dans l'espoir du succès ! Non ! non, c'est bien plus beau lorsque c'est inutile ! »
- Acte V : Cyrano seul face à la mort, et la devise de toute la pièce.
- « Mon panache. »
- Les deux derniers mots de la pièce, murmurés dans les bras de Le Bret et de Ragueneau, l'épée déjà tombée.
Les quatre grandes scènes à connaître
Une œuvre de cinq actes se retient toujours par quelques sommets, et ceux de Cyrano sont très identifiables. La tirade du nez, à l'acte I, où le héros insulte son propre physique mieux que ne saurait le faire son adversaire : c'est la scène où Cyrano impose d'emblée que l'esprit vaut mieux que l'apparence. La déclaration sous le balcon, à l'acte III, où l'obscurité lui sert enfin de masque et où l'amour de Roxane se joue sur des mots dont elle ignore l'auteur. L'aveu de Roxane au camp d'Arras, à l'acte IV, quand elle explique qu'elle aimerait Christian même défiguré, sans se douter qu'elle vient de condamner deux hommes à la fois. Et la lecture de la lettre, à l'acte V, où la nuit tombe alors que Cyrano continue de lire un texte qu'il ne voit plus.
Ces quatre scènes suffisent à construire une fiche de lecture ou un commentaire : chacune met en jeu la même mécanique, un homme qui aide autrui à vivre l'amour qu'il se refuse. C'est aussi ce qui rend le rôle si redoutable à jouer, puisqu'il faut y être drôle et déchirant dans la même réplique.
Le vrai Cyrano de Bergerac a-t-il existé ?
Oui, mais Rostand en a fait autre chose. Savinien de Cyrano de Bergerac, né à Paris en 1619 et mort en 1655, fut bien cadet de Gascogne malgré une origine parisienne, duelliste réputé, blessé au siège d'Arras en 1640, et surtout écrivain libertin, auteur d'une comédie, d'une tragédie et des Estats et Empires de la Lune et du Soleil, récits de voyages imaginaires qui font de lui un ancêtre de la science-fiction. Il est mort à trente-six ans, un an après avoir reçu une poutre sur la tête selon la version traditionnelle, que les biographes discutent encore, et dont Rostand a fait la blessure fatale de son héros. La grande différence est ailleurs : rien n'atteste que le Cyrano historique ait aimé sa cousine Madeleine Robin ni écrit les lettres d'un autre. L'intrigue amoureuse, le pacte avec Christian et les quinze ans de silence sont l'invention d'un dramaturge de vingt-neuf ans.
Cyrano sur scène : le plus grand triomphe du théâtre français
La première a lieu le 28 décembre 1897 au théâtre de la Porte-Saint-Martin, avec Constant Coquelin dans le rôle-titre. Rostand, persuadé de courir à l'échec, s'était excusé auprès de sa troupe avant le lever de rideau. Dès l'entracte entre les actes IV et V, le ministre de l'Instruction publique, présent dans la salle, décroche sa propre croix de la Légion d'honneur et l'épingle sur l'auteur en s'excusant de prendre un peu d'avance ; la nomination officielle suivra le 1er janvier 1898. Le rideau tombé, la salle rappelle les comédiens pendant plus d'une heure. La pièce est ensuite jouée sans interruption quatre cents fois, jusqu'en mars 1899, imprimée à des dizaines de milliers d'exemplaires, traduite et exportée aussitôt.
Le succès n'a jamais faibli depuis. La Comédie-Française, longtemps tenue à l'écart de ce triomphe né sur un théâtre de boulevard, n'inscrit Cyrano à son répertoire qu'en 1938. Au cinéma, la version de référence reste celle de Jean-Paul Rappeneau en 1990, avec Gérard Depardieu, prix d'interprétation masculine à Cannes et pluie de Césars, sur des dialogues restés en alexandrins. En 2016, la pièce a même engendré son propre récit des coulisses : Edmond, d'Alexis Michalik, raconte l'écriture et la création de Cyrano, a triomphé aux Molières puis au cinéma. Sur les scènes françaises, l'œuvre de Rostand reste, un siècle et quart après sa création, l'une des pièces françaises les plus jouées au monde, et l'un des grands rendez-vous du théâtre de tréteaux à la française. Rares sont les saisons où une troupe, quelque part, ne la reprend pas.
Questions fréquentes sur Cyrano de Bergerac
Quel est le genre de Cyrano de Bergerac ?
Rostand l'a sous-titrée « comédie héroïque » : une pièce en vers qui mêle le comique, l'épique et le tragique, dans la lignée du drame romantique de Hugo. Elle compte cinq actes et environ 2 600 alexandrins.
Comment se termine la pièce ?
Cyrano, mortellement blessé par une bûche lâchée sur lui, se rend au couvent pour son rendez-vous hebdomadaire, lit la dernière lettre de Christian dans la nuit tombante et se trahit. Roxane comprend qu'elle a aimé son âme pendant quinze ans sans le savoir. Il se relève une dernière fois pour défier ses ennemis invisibles, puis meurt dans les bras de ses amis, sur le mot « panache ».
Pourquoi Cyrano n'avoue-t-il pas son amour à Roxane ?
Par certitude d'être ridicule : il est persuadé que sa laideur transformerait toute déclaration en humiliation. Après la mort de Christian, s'y ajoute une raison d'honneur, parler reviendrait à détruire le souvenir d'un mort et le bonheur de Roxane.
Roxane aime-t-elle Cyrano à la fin ?
Oui, et elle le lui dit, mais trop tard. La pièce ne les réunit que pour le temps d'une réplique, et Cyrano refuse ce dénouement heureux au nom de la mémoire de Christian.
Quelle est la longueur de la tirade du nez ?
Une cinquantaine de vers à l'acte I, scène 4, organisés en une vingtaine de tons annoncés par Cyrano lui-même, agressif, amical, descriptif, pédant, dramatique, respectueux, et ainsi de suite.
En quelle classe étudie-t-on Cyrano de Bergerac ?
Le plus souvent au collège, en quatrième ou en troisième, et au lycée dans les séquences consacrées au théâtre du 17e au 21e siècle et au personnage de héros ; les grandes tirades figurent aussi régulièrement aux épreuves orales.
